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Brussels Governance Monitor
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Comment se forme un gouvernement bruxellois ?

Le processus de formation, de l'élection à l'investiture

Les étapes de la formation

  1. ÉlectionsLes Bruxellois élisent les 89 membres du Parlement régional (72 francophones + 17 néerlandophones)
  2. ConsultationLe président du Parlement consulte les partis et peut désigner un informateur pour explorer les coalitions possibles
  3. FormationUn formateur est désigné pour négocier un accord de gouvernement entre les partis de la future coalition
  4. AccordLes partis signent un accord de gouvernement qui fixe le programme et la composition du gouvernement
  5. GouvernementLe gouvernement est constitué et prête serment devant le Parlement

La double majorité linguistique

La particularité bruxelloise est l'exigence de majorités dans les deux groupes linguistiques du Parlement. Le gouvernement doit comprendre des ministres des deux groupes. Certaines décisions requièrent une majorité dans chaque groupe. Ce mécanisme protège la minorité néerlandophone mais complique considérablement la formation d'une coalition.

Résultats du 9 juin 2024

Les élections régionales du 9 juin 2024 ont produit un parlement très fragmenté. Sept partis francophones et six partis néerlandophones se partagent les 89 sièges. Aucune coalition simple ne dispose simultanément d'une majorité dans les deux groupes linguistiques.

Groupe linguistique français (72 sièges)

MR16
PS14
Les Engagés11
Ecolo9
PTB-PVDA8
DéFI8
Team Ahidar6
Total72
Majorité simple37

Groupe linguistique néerlandais (17 sièges)

Groen4
N-VA4
Vooruit3
Open VLD3
CD&V2
Vlaams Belang1
Total17
Majorité simple9

Source : SPF Intérieur, résultats officiels du 9 juin 2024. Les chiffres peuvent différer légèrement selon les recomptages. Vérification BGM : février 2026.

L'arithmétique des coalitions

Pour former un gouvernement, il faut réunir une majorité dans chaque groupe linguistique : 37 sièges sur 72 côté francophone et 9 sièges sur 17 côté néerlandophone. Côté francophone, plusieurs combinaisons de 3-4 partis atteignent 37 sièges. Mais côté néerlandophone, avec seulement 17 sièges répartis entre 6 partis, trouver 9 sièges qui soient politiquement compatibles avec la coalition francophone est extrêmement difficile. C'est cette contrainte arithmétique qui explique l'échec des six rounds de formation.

Différence avec le niveau fédéral

Au niveau fédéral, le Roi joue un rôle actif : il désigne les informateurs et formateurs. Au niveau régional bruxellois, c'est le président du Parlement qui mène le processus. Il n'y a pas de rôle royal dans la formation des gouvernements régionaux — c'est une compétence exclusivement parlementaire.

La crise actuelle

Depuis les élections du 9 juin 2024, six rounds de formation ont eu lieu sans aboutir à un gouvernement. Le blocage principal est la double majorité linguistique : les combinaisons qui fonctionnent côté francophone ne trouvent pas de majorité correspondante côté néerlandophone.

Pourquoi c'est plus difficile à Bruxelles

Contrairement au niveau fédéral, la formation d'un gouvernement bruxellois cumule trois difficultés uniques : (1) la double majorité linguistique exige un accord simultané dans deux blocs électoraux distincts ; (2) il n'y a pas de rôle royal pour faciliter la médiation — le président du Parlement seul mène le processus ; (3) la fragmentation partisane est extrême : 13 partis pour 89 sièges, soit une moyenne de 7 sièges par parti. Au niveau fédéral, le Roi peut nommer des informateurs et des formateurs avec une autorité morale qui n'existe pas au niveau régional.